Sa vie
Tonia Marketaki est née au Pirée en 1942. De 1960 à 1964, elle étudia à Paris à l’IDHEC et à l’école d’art dramatique du Théâtre National Populaire. Sa formation cinématographique comprenait la prise de vues ; elle travailla ensuite comme journaliste et critique. Ces activités l’inscrivirent dans la génération du Nouveau Cinéma grec, aux côtés de créateurs qui repensaient la manière de filmer les histoires grecques.
Son court métrage Ο Γιάννης και ο δρόμος (Jean et la route) parut en 1967. Sous la dictature militaire, elle fut emprisonnée et passa une période hors de Grèce. Son premier long métrage, Ιωάννης ο βίαιος (Jean le violent, 1973), reçut les prix de réalisation et de scénario à Thessalonique. Le financement resta difficile : Ο άνθρωπος που χάθηκε (L’homme disparu) demeura inachevé.
Son activité dépassait les longs métrages. Elle réalisa Λεμονοδάσος (Le bois de citronniers, 1978), adaptation télévisée de Kosmas Politis, et travailla au documentaire et au théâtre. Η τιμή της αγάπης (Le prix de l’amour), répertorié en 1984 et également daté 1983 par certaines sources, fut son deuxième long métrage achevé. Κρυστάλλινες νύχτες (Nuits de cristal) suivit en 1992, sur un scénario coécrit avec Malvina Karali. Elle mourut en 1994. Cette filmographie réduite appartient à une histoire professionnelle plus large de scénarios, émissions, critiques et adaptations.
Son œuvre

Les films de Marketaki situent l’action personnelle dans des contraintes sociales et historiques. Jean le violent examine un crime et la construction de son récit public. Culpabilité, interprétation et autorité institutionnelle comptent autant que le personnage central. Les récompenses de réalisation et de scénario obtenues en 1973 inscrivirent ce travail dans le cinéma grec en transformation.
Le prix de l’amour adapte Η τιμή και το χρήμα (L’honneur et l’argent), de Konstantinos Theotokis. Dans la Corfou du début du XXe siècle, la relation de Rini avec Andreas se trouve prise dans les questions de dot et de finances familiales. Son refus d’épouser un homme qui fait passer l’argent avant elle organise la fin du film. Le scénario fait du conflit social littéraire une rencontre jouée : mots, pauses, gestes et espace entre les personnages y participent. La musique est d’Eleni Karaindrou. Le grec τιμή peut évoquer prix et honneur, donnant au titre une résonance linguistique utile.
Nuits de cristal relie Athènes occupée, désir et persécution à une histoire traversant deux vies. Le scénario de Marketaki et Karali dépasse le réalisme direct. Ces films proposent donc plusieurs voies vers la parole grecque et le récit. Un bref échange accompagné constitue une unité d’apprentissage utile ; les expressions régionales et le cadre historique du Prix de l’amour demandent plus d’aide que le texte moderne adapté.
Son héritage en Grèce aujourd’hui
Lisez le résumé grec du Prix de l’amour sur le site de la Fondation Cacoyannis et identifiez ce que refuse Rini. Ouvrez ensuite le documentaire ERT de 1997 Ο έρωτας των πρώτων πλάνων: Τώνια Μαρκετάκη, dont la notice repère des extraits du film. Choisissez un bref dialogue avec sous-titres ou aide linguistique et notez qui parle et qui répond. Résumez un choix en grec avec αρνείται… γιατί… ; distinguez votre explication des paroles prononcées. Le texte B1 fournit απόφαση et διάλογος. Le nom de Marketaki figure aussi dans la liste des lieux du festival de Thessalonique : sa salle se trouve dans l’Entrepôt D du port. Une langue de film ancienne rejoint ainsi un lieu vivant de culture cinématographique.
Le saviez-vous ?
- Sa formation à l’IDHEC comprenait la prise de vues.
- Eleni Karaindrou a composé la musique du Prix de l’amour.
- L’ELIA-MIET conserve ses scénarios, traductions, coupures de presse et d’autres archives.
Œuvres principales
| Titre grec | Titre | Année |
|---|---|---|
| Ο Γιάννης και ο δρόμος | Jean et la route (court métrage) | 1967 |
| Ιωάννης ο βίαιος | Jean le violent | 1973 |
| Λεμονοδάσος | Le bois de citronniers (série télévisée) | 1978 |
| Η τιμή της αγάπης | Le prix de l’amour | 1984 |
| Κρυστάλλινες νύχτες | Nuits de cristal | 1992 |
Une phrase à retenir
Ψάχνω τις αισθήσεις μου σαν εξερευνητής των πόλων.
Psachno tis aisthiseis mou san exerevnitis ton polon.
J’explore mes sens comme un explorateur des pôles.
















































































































