Sa vie
Galatée grandit à Héraklion dans la famille de Stylianos Alexiou, érudit, imprimeur et éditeur. Sa sœur Elli et son frère Lefteris devinrent également écrivains. Les livres, les langues et l’imprimerie faisaient donc partie de son premier environnement. Elle fréquenta une école française et commença à publier des poèmes et des traductions sous des pseudonymes, dont Lalo de Castro. Sa nouvelle Ridi, pagliaccio parut dans la revue littéraire Noumas en 1909 sous son nom de naissance, Galatée Alexiou.
Elle épousa Nikos Kazantzakis en 1911 et vécut à Athènes. Après leur divorce en 1926, elle conserva le nom sous lequel les lecteurs la connaissaient. En 1933, elle épousa le critique et poète Markos Avgeris. Son activité parcourait revues, fiction, théâtre, journalisme et enseignement. Son engagement culturel à gauche lui valut des persécutions : arrestation et interdiction de journalisme sous Metaxas, puis perte de son poste à la bibliothèque municipale après la Libération, pour ses convictions politiques. Elle continua d’écrire malgré ces restrictions. Ses livres scolaires donnaient à ses mots un autre espace public, la classe. Elle mourut à Athènes en 1962 après un accident de circulation. Son parcours relie une famille de lettrés crétois à la vie littéraire et politique de l’Athènes du XXe siècle.
Son œuvre

Ridi, pagliaccio adopte une forme proche du journal pour explorer la vie affective d’une femme et les contraintes qui lui sont imposées. Son titre italien signifie « Ris, clown » ; la nouvelle elle-même est écrite en grec. La fiction ultérieure met davantage au premier plan le genre, la pauvreté et le jugement social. Le recueil Moments critiques, paru pour la première fois en 1952, évoque des expériences marquées par l’Occupation, les relations humaines et les choix difficiles. Les lieux quotidiens portent des conflits dépassant le foyer.
Le poème Amartolo, « Pécheresse », donne en 1931 la parole à une travailleuse du sexe dont la vie révèle la société qui la juge. Le dernier vers retourne l’accusation : la femme dit à la société qu’elle lui ressemble. Cette voix dramatique à la première personne permet au poème d’argumenter à travers un personnage. Hommes et surhommes, publié en 1957, puise dans les souvenirs de sa relation avec Nikos pour construire un portrait romanesque vivement critique. Ce point de vue chargé influença la réception du livre. Ses pièces, traductions, critiques et livres de lecture témoignent aussi d’une écrivaine s’adressant à plusieurs publics. Son œuvre relie parole intime, débat public et langage des premiers apprentissages de la lecture.
Son héritage en Grèce aujourd’hui
Le vers reste visible : une œuvre de Thodoris Prodromidis au parc culturel Lipasmata, à Drapetsona, reprend la dernière phrase. Installée en 2023 près du cadre historique du poème, elle introduit une voix littéraire dans l’espace public. La fiction existe aussi en éditions modernes.
Lisez la citation et ses restitutions. Demandez Ποιος μιλάει; Σε ποιον μιλάει; et repérez κοινωνία. Comparez Εικόνα σου είμαι et Είμαι η εικόνα σου, puis écrivez avec μοιάζω. Le B1 accompagne ces petites tâches de grec moderne en distinguant écrivaine et personnage parlant.
Le saviez-vous ?
- Elle publia sous Alexiou et plusieurs pseudonymes.
- Elle écrivit romans, poèmes et manuels scolaires.
- Le dernier vers devint une œuvre publique à Drapetsona.
Œuvres principales
| Titre grec | Titre | Année |
|---|---|---|
| Ridi, pagliaccio | Ridi, pagliaccio : Ris, clown — nouvelle grecque | 1909 serial publication |
| Αμαρτωλό | Pécheresse : poème | 1931 |
| Κρίσιμες στιγμές | Moments critiques : nouvelles | 1952 |
| Άνθρωποι και υπεράνθρωποι | Hommes et surhommes : roman | 1957 |
Une phrase à retenir
Εικόνα σου είμαι, κοινωνία, και σου μοιάζω.
En grec d’aujourd’huiΕίμαι η εικόνα σου, κοινωνία, και σου μοιάζω.
Eikóna sou eímai, koinonía, kai sou moiázo.
Je suis ton image, société, et je te ressemble.
















































































































