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Nikos Kavvadias
JBradyK · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons

B1Grèce moderne · Poète et marin

Nikos Kavvadias

Νίκος Καββαδίας

1910 – 1975 · Céphalonie ; Le Pirée ; en mer

Nikos Kavvadias (Νίκος Καββαδίας, 1910–1975) était radiotélégraphiste dans la marine marchande grecque ; en trois minces recueils, il a écrit la poésie des navires, des ports, des marins et du mal du pays que les Grecs connaissent le mieux. Il publia Μαραμπού (Marabout) en 1933 et Πούσι (Brouillard) en 1947, et navigua presque jusqu'à sa mort. Quand Thanos Mikroutsikos mit ses poèmes en musique dans Ο Σταυρός του Νότου (La Croix du Sud, 1979), tout le pays les apprit par cœur.

Sa vie

Kavvadias naquit le 11 janvier 1910 dans une petite ville près de Harbin, en Mandchourie, où son père, originaire de Céphalonie, dirigeait un commerce qui ravitaillait l'armée russe. La famille revint en Grèce en 1914, vécut à Argostoli, à Céphalonie, et s'installa au Pirée en 1921. Le garçon grandit dans le grand port, parmi les navires et les marins, et commença à publier des poèmes dans des revues en 1928 sous le pseudonyme de Petros Valhalas. Il voulait étudier la médecine, mais la maladie et la mort de son père l'obligèrent à travailler, d'abord dans un bureau de compagnie maritime puis, à partir de 1929, en mer comme matelot de pont.

En 1939, il obtint son diplôme d'opérateur radio, et ce fut son métier pour le reste de sa vie : l'ασυρματιστής, seul dans la cabine radio, tapant des messages en morse à bord de cargos et de paquebots entre Le Pirée, la mer Rouge, l'océan Indien, les Amériques et l'Extrême-Orient. Il combattit sur le front albanais en 1940–41, passa l'Occupation à Athènes, où il rejoignit la Résistance, et reprit la mer en 1944. Son dernier voyage s'acheva fin 1974.

Il ne se maria jamais et, entre deux voyages, vivait à Athènes chez la famille de sa sœur. Petit, chauve et doux, il était connu de ses amis sous le nom de « Marabout », d'après son premier livre, ou « ο Κόλιας ». Il mourut subitement d'un accident vasculaire cérébral à Athènes le 10 février 1975, quelques semaines avant la parution de son troisième recueil.

Son œuvre

Kavvadias ne publia que trois livres de poésie de son vivant, et chacun est bref. Μαραμπού (Marabout, 1933), qui tire son nom d'une laide cigogne africaine, est une galerie de marins, de chauffeurs, de ports et de tatouages exotiques, en quatrains rimés au rythme fort et roulant : un chauffeur de Djibouti qui meurt de son vice, un couteau acheté à Alger, le Kuro Siwo, le courant chaud du Japon. Πούσι (Brouillard, 1947) est plus sombre et plus dense, marqué par la guerre et les années sur des mers dangereuses : le poème « Θεσσαλονίκη », écrit pendant un quart de nuit, se souvient d'un amour perdu resté au pays ; « Federico García Lorca » pleure le poète espagnol assassiné. Τραβέρσο (Traverso, 1975) rassemble les derniers poèmes. Dans tous, la mer n'est pas des vacances mais un métier, une prison et un destin, et le marin sait qu'il ne sera plus jamais chez lui à terre.

Son unique roman, Η βάρδια (Le Quart, 1954), suit une nuit sur la passerelle d'un cargo rouillé en mer de Chine, où les hommes montent la garde et parlent, en argot de marins, de femmes, de maladies, de mort et des ports laissés derrière eux ; il est aujourd'hui considéré comme l'un des plus beaux romans grecs du siècle. Il a aussi laissé une poignée de courtes proses. Sa langue mêle mots nautiques et étrangers, noms de lieux de cinq continents et parler simple de l'équipage, ce qui rend ses poèmes singulièrement physiques : on sent l'huile de moteur et le brouillard. Les célèbres vers de « Mal du départ », sur l'amant idéal et indigne des voyages lointains, résument toute sa vie.

Son héritage en Grèce aujourd’hui

Pour entrer chez Kavvadias, il faut passer par les chansons. L'album de Thanos Mikroutsikos Ο Σταυρός του Νότου (La Croix du Sud, 1979), chanté par Giannis Koutras et d'autres, a fait de « Θεσσαλονίκη », « Kuro Siwo », « Ένας νέγρος θερμαστής από το Τζιμπουτί » et « Mal du départ » des chansons qu'on joue dans chaque réunion grecque où quelqu'un a une guitare ; un second album, Γραμμές των οριζόντων (Lignes des horizons), suivit en 1991. Ses poèmes figurent dans les anthologies scolaires, « Θεσσαλονίκη » est l'une des chansons les plus connues sur la ville, et Η βάρδια a été traduit dans de nombreuses langues. Céphalonie et Le Pirée le revendiquent tous deux comme leur poète, et la marine marchande, dont il a rendu immortels les radiotélégraphistes, le compte parmi les siens.

Le saviez-vous ?

  • Il est né en Mandchourie, dans une ville près de Harbin, où son père céphalonien approvisionnait l'armée russe en marchandises.
  • De 1939 à 1974, il travailla comme radiotélégraphiste de bord ; la poésie s'écrivait dans la cabine radio, entre deux messages.
  • Son troisième et dernier recueil, Τραβέρσο, parut en 1975, quelques semaines après sa mort.
  • L'album La Croix du Sud (1979), avec ses poèmes mis en musique, est l'un des disques les plus vendus de l'histoire de la musique grecque.

Œuvres principales

Titre grecTitreAnnée
ΜαραμπούMarabout (poèmes)1933
ΠούσιBrouillard (poèmes)1947
Η βάρδιαLe Quart (roman)1954
ΤραβέρσοTraverso (poèmes)1975
Ο Σταυρός του Νότου (δίσκος, Θάνος Μικρούτσικος)La Croix du Sud (album de Thanos Mikroutsikos)1979

Une phrase à retenir

Θα μείνω πάντα ιδανικός κι ανάξιος εραστής / των μακρυσμένων ταξιδιών και των γαλάζιων πόντων

Tha meino panta idanikos ki anaxios erastis / ton makrysmenon taxidion kai ton galazion ponton

Je resterai toujours l'amant idéal et indigne / des voyages lointains et des mers bleues

Mal du départ, in Μαραμπού (1933)
B1

Lire sur Nikos Kavvadias en grec (B1)

Les mots du texte

  • famille
  • port
  • marin
  • navire, bateau
  • croire
  • mer
  • recueil, collection
  • succès

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