Sa vie
Papanikolaou naquit le 13 mai 1883 à Kými, petit port de l'île d'Eubée, fils d'un médecin qui était aussi maire de la ville. Il étudia la médecine à l'université d'Athènes et obtint son diplôme en 1904, mais il ne voulait pas devenir médecin de campagne comme son père ; il partit en Allemagne étudier la biologie et soutint un doctorat de zoologie à Munich en 1910. Cette même année, il épousa Andromachi Mavrogeni, dite Mary, qui fut sa compagne et sa collaboratrice pendant cinquante-deux ans. Il travailla brièvement comme physiologiste lors de l'expédition océanographique du prince Albert de Monaco, servit comme médecin militaire pendant les guerres balkaniques et, en octobre 1913, le couple s'embarqua pour New York presque sans argent.
Leurs premiers mois en Amérique sont restés célèbres : il vendait des tapis au grand magasin Gimbels et jouait du violon dans des restaurants, tandis que Mary cousait des boutons. En 1914, il obtint un poste au département d'anatomie du Cornell University Medical College et au New York Hospital, et il y resta quarante-sept ans, avec Mary comme technicienne et, chaque jour, comme sujet d'expérience. Ce n'est qu'en 1961 qu'il partit diriger à Miami un nouvel institut de recherche sur le cancer qui portait son nom. Il y mourut d'une crise cardiaque le 19 février 1962, quelques mois après son arrivée.
Son œuvre

La méthode de Papanikolaou est issue de la recherche fondamentale. En 1917, en étudiant le cycle reproductif du cobaye, il montra que les cellules d'un frottis vaginal changent selon les phases du cycle, si bien que l'on pouvait lire le cycle au microscope sans faire de mal à l'animal. Il appliqua ensuite la même technique aux femmes, avec Mary comme premier sujet, et en 1923 il remarqua quelque chose d'inattendu : dans le frottis d'une femme atteinte d'un cancer du col de l'utérus, les cellules cancéreuses anormales étaient nettement visibles. Il présenta cette découverte en 1928 sous le titre « Nouveau diagnostic du cancer », et presque personne n'y prêta attention ; les médecins se fiaient aux biopsies et ne voyaient pas l'utilité d'un frottis.
Il retourna à son microscope. À partir de 1939, il travailla avec le gynécologue Herbert Traut, examinant des milliers de femmes au New York Hospital, et leur article de 1941 puis la monographie de 1943, Diagnosis of Uterine Cancer by the Vaginal Smear (Diagnostic du cancer de l'utérus par le frottis vaginal), finirent par convaincre la profession. Le point essentiel était que le frottis révélait le cancer, et même les lésions précancéreuses, bien avant tout symptôme, lorsque la maladie pouvait encore être guérie. Dans les années 1950 commencèrent les programmes de dépistage de masse, et la mortalité due au cancer du col chuta de façon spectaculaire partout où le test Pap était utilisé. Son Atlas of Exfoliative Cytology (Atlas de cytologie exfoliative, 1954) étendit la méthode à d'autres organes et fonda une discipline entière, la cytopathologie. Il reçut le prix Lasker en 1950 et fut proposé plusieurs fois pour le prix Nobel, sans jamais l'obtenir.
Son héritage en Grèce aujourd’hui
En Grèce, Papanikolaou est un héros national de la science. Son portrait figurait sur le billet de 10 000 drachmes de 1995, la plus grosse coupure en circulation avant l'euro, avec au verso le dieu guérisseur Asclépios. L'hôpital général de Thessalonique s'appelle « Παπανικολάου », comme des rues, des écoles et des sociétés médicales dans tout le pays, et la Société hellénique du cancer mène chaque année en son nom une campagne pour inciter les femmes à faire leur frottis. À Kými, sa ville natale, le musée du Folklore lui consacre une salle et un monument lui rend hommage. Les États-Unis l'ont fait figurer sur un timbre-poste en 1978. Pour l'apprenant, l'expression utile est tout simplement « τεστ Παπ » (ou « τεστ Παπανικολάου »), que connaît toute femme grecque, ainsi que l'histoire du vendeur de tapis qui sauva des millions de vies.
Le saviez-vous ?
- Pendant ses premiers mois à New York, il vendait des tapis dans un grand magasin et jouait du violon dans des restaurants pour survivre.
- Sa femme Mary fut son assistante de laboratoire et son sujet d'expérience quotidien pendant des décennies ; les premiers frottis humains qu'il étudia étaient les siens.
- L'annonce du test en 1928 fut ignorée pendant plus de dix ans avant que le corps médical ne l'adopte.
- Il figura sur un timbre-poste américain en 1978 et sur le billet grec de 10 000 drachmes en 1995.
Œuvres principales
| Titre grec | Titre | Année |
|---|---|---|
| Το κολπικό επίχρισμα στο ινδικό χοιρίδιο | Le frottis vaginal chez le cobaye (avec Charles Stockard) | 1917 |
| «Νέα διάγνωση του καρκίνου» | « Nouveau diagnostic du cancer », première annonce du test | 1928 |
| Η διάγνωση του καρκίνου της μήτρας με το κολπικό επίχρισμα | Diagnostic du cancer de l'utérus par le frottis vaginal (avec Herbert Traut) | 1943 |
| Το τεστ Παπ | Le test Pap, adopté pour le dépistage de masse | 1950s |
| Άτλας αποφολιδωτικής κυτταρολογίας | Atlas de cytologie exfoliative | 1954 |
Autour de l’œuvre


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Une phrase à retenir
Η πρώτη παρατήρηση καρκινικών κυττάρων σε επίχρισμα του τραχήλου της μήτρας μού χάρισε μία από τις μεγαλύτερες συγκινήσεις της επιστημονικής μου ζωής.
I proti paratirisi karkinikon kyttaron se epichrisma tou trachilou tis mitras mou charise mia apo tis megalyteres synkiniseis tis epistimonikis mou zois.
La première observation de cellules cancéreuses dans un frottis du col de l'utérus m'a procuré l'une des plus grandes émotions de ma vie de scientifique.













