Sa vie
Mitropanos naquit le 2 avril 1948 à Trikala, la ville de Thessalie qui avait déjà donné à la Grèce Vassilis Tsitsanis. Sa famille était pauvre et, en 1964, à seize ans, il partit pour Athènes vivre chez un oncle, travailler et tenter sa chance comme chanteur. Grigoris Bithikotsis l'envoya à la maison de disques Columbia, où il rencontra Giorgos Zambetas, qu'il appela plus tard son grand maître. En 1966, une rencontre fortuite avec Mikis Theodorakis l'amena à chanter des parties de Ρωμιοσύνη (Romiosini) et de Το Άξιον Εστί (Digne il est) en concert, et en 1967 parut son premier disque, la chanson «Θεσσαλονίκη» (Thessalonique).
La dictature militaire de 1967 interdit la musique de Theodorakis, et Mitropanos se tourna vers le répertoire λαϊκό des boîtes de nuit, les «πίστες» où les Grecs allaient écouter en direct le bouzouki et les chanteurs. Dans les années 1970 et 1980, il devint l'un des chanteurs les plus populaires du pays, enregistrant avec de nombreux grands compositeurs et paroliers et chantant soir après soir à Athènes et à Thessalonique.
En 1996, il trouva un nouveau public, plus jeune et plus urbain, grâce à son album avec le compositeur Thanos Mikroutsikos, Στου αιώνα την παράγκα (Dans la baraque du siècle), et il commença à se produire dans de grandes salles de concert et des théâtres en plein air autant que dans les clubs. Il continua de chanter dans les années 2000, admiré par les musiciens de tous les styles. Il mourut à Maroussi, à Athènes, le 17 avril 2012, à soixante-quatre ans. Sa mort fut pleurée dans toute la Grèce, par les amateurs de λαϊκό comme par les musiciens de tous les styles.
Son œuvre

Mitropanos était un interprète, pas un compositeur : son art, c'était la voix. Un baryton grave et sombre, rugueux sur les bords et très stable, et il chantait sans artifices, presque immobile, laissant les mots porter l'émotion. Les Grecs décrivent souvent son chant par le mot «βαριά», lourd, au sens de sérieux et plein de poids, et une chanson dans sa voix sonne comme la confession d'un homme qui a vécu.
Son répertoire est du λαϊκό classique : chansons d'amour et de perte, de départ et de retour, de solitude dans la grande ville, de la mer et de la route de l'émigré. Parmi les plus connues figurent Άγιος Φεβρουάριος (Saint Février, 1971), de Dimos Moutsis et Manos Eleftheriou, Σ' αναζητώ στη Σαλονίκη (Je te cherche à Salonique), qui se passe à Thessalonique, et Πάρε αποφάσεις (Décide-toi, 1991), de Christos Nikolopoulos et Lefteris Papadopoulos. En 1996, avec Thanos Mikroutsikos à la musique et Alkis Alkaios aux paroles, il enregistra Ρόζα (Roza), une chanson au texte plus moderne et poétique qui lui gagna une nouvelle génération d'auditeurs et devint l'une de ses signatures.
Il chanta aussi l'œuvre de Theodorakis toute sa vie, et ses concerts mêlaient les vieilles chansons de boîte de nuit à ce répertoire plus «artistique», montrant combien la frontière entre les deux peut être mince dans la musique grecque.
Son héritage en Grèce aujourd’hui
Mitropanos est l'une des voix que les Grecs citent en premier quand ils parlent de la chanson λαϊκό, avec Stelios Kazantzidis et Grigoris Bithikotsis. Ses enregistrements passent sans cesse à la radio grecque et dans les tavernes, et des chanteurs reprennent encore ses chansons chaque soir. Pour le découvrir, écoutez «Ρόζα» et «Σ' αναζητώ στη Σαλονίκη» : la langue est simple, le chant lent et clair. À Trikala, on se souvient de lui avec fierté comme du deuxième grand musicien de la ville après Tsitsanis, et les deux noms sont souvent prononcés ensemble. Ses chansons sont protégées par le droit d'auteur : cherchez les enregistrements originaux.
Le saviez-vous ?
- Il est né à Trikala, la même ville que le compositeur Vassilis Tsitsanis.
- Son premier disque, la chanson «Θεσσαλονίκη», parut en 1967, quand il avait dix-neuf ans.
- Il était chanteur, pas auteur-compositeur : sa renommée repose entièrement sur sa voix et sur le choix de ses chansons.
- Son album de 1996 avec Thanos Mikroutsikos lui apporta un jeune public après trente ans de carrière.
Œuvres principales
| Titre grec | Titre | Année |
|---|---|---|
| Θεσσαλονίκη | Thessalonique (son premier disque) | 1967 |
| Άγιος Φεβρουάριος | Saint Février (chanson, musique Dimos Moutsis, paroles Manos Eleftheriou) | 1971 |
| Σ' αναζητώ στη Σαλονίκη | Je te cherche à Salonique (chanson) | |
| Πάρε αποφάσεις | Décide-toi (chanson, musique Christos Nikolopoulos, paroles Lefteris Papadopoulos) | 1991 |
| Ρόζα | Roza (chanson, musique Thanos Mikroutsikos, paroles Alkis Alkaios) | 1996 |
Une phrase à retenir
Ρόζα
Roza
Rosa

























