Sa vie
Apollonios de Rhodes, aussi nommé Apollonius Rhodius, travaille dans le monde littéraire grec du IIIe siècle avant notre ère. Alexandrie, dans l’Égypte ptolémaïque, en est un centre : poésie, collecte de livres et étude des textes anciens appartiennent au même milieu intellectuel. Les récits antiques l’associent à sa bibliothèque royale. Les témoignages sur sa carrière restent dispersés ; naissance et mort ne peuvent être fixées sûrement. Le surnom Rhodios le relie à Rhodes sans établir une naissance sur l’île. Lecture publique ratée, départ pour Rhodes et querelle avec Callimaque demandent de la prudence plutôt qu’une biographie sans lacunes.
Sa présence durable vient de l’épopée Αργοναυτικά (Argonautiques), conservée en quatre livres. Il reprend le vieux mythe de l’expédition de Jason sur l’Argo pour en faire un récit continu nourri de lectures et d’interprétations. Ses autres poèmes et travaux savants ne subsistent que par fragments ou mentions. L’épopée complète offre donc un départ plus solide que les anecdotes pittoresques. Elle révèle aussi ses intérêts : voyages, traditions locales, relations entre personnages et langue héritée d’Homère. L’attention du narrateur à l’inquiétude de Médée appartient à la fiction et ne raconte pas directement la vie amoureuse du poète.
Son œuvre

L’épopée Αργοναυτικά (Argonautiques) suit la quête de la Toison d’or. Les livres I et II conduisent le groupe du départ grec à la Colchide, à travers rencontres et obstacles maritimes. Au livre III, l’amour de Médée pour Jason et son aide face aux épreuves imposées par le roi Aiétès deviennent centraux. Le livre IV raconte la prise de la toison, la fuite et le retour complexe. Ce sont quatre parties d’un seul poème, présentées ci-dessous dans l’ordre narratif ; leurs dates de composition distinctes sont inconnues.
Apollonios écrit en hexamètres, dans une langue épique savante façonnée par Homère. Il associe lieux et traditions à l’observation de l’hésitation, du désir et de la peur. L’attente de Médée avant la rencontre passe par regards inquiets, sons et réactions physiques. Le vers cité décrit le silence du couple avant la parole. La vulnérabilité affective entre ainsi dans une aventure surtout connue pour ses exploits. Le retour mêle géographie et mythe : itinéraire littéraire, pas guide nautique moderne. Notre activité A2 utilise donc une simple flèche d’aller. Les mots modernes από / προς (de / vers) en décrivent le point de départ et la direction. Ce langage d’exercice est nouveau, non cité du poème ancien.
Son héritage en Grèce aujourd’hui
Ouvrez la présentation des quatre livres des Argonautiques au Centre de la langue grecque et utilisez son résumé moderne avec le texte ancien. Dessinez deux points, Iolcos et Colchide, reliés par une flèche d’aller. Dites Η Αργώ ταξιδεύει από την Ιωλκό προς την Κολχίδα (L’Argo voyage d’Iolcos vers la Colchide). Placez από (de) au départ et προς (vers) à la pointe. Créez ensuite un trajet actuel entre deux lieux connus, avec le même modèle grec. Ajoutez Το πλοίο φεύγει από το λιμάνι (Le navire quitte le port). Vous pratiquez origine et direction en grec moderne ; les hexamètres anciens restent une lecture accompagnée d’une reformulation, pas une conversation A2.
Le saviez-vous ?
- Les quatre entrées du tableau sont les livres d’une même épopée, pas quatre poèmes indépendants.
- Rhodios relie Apollonios à Rhodes sans établir sûrement son lieu de naissance.
- Le silence cité appartient à la description de Jason et Médée par le narrateur, pas à une confession personnelle.
Œuvres principales
| Titre grec | Titre | Année |
|---|---|---|
| Ἀργοναυτικά, βιβλίο Α΄ | Argonautiques I : départ et premières rencontres | 3rd c. BCE |
| Ἀργοναυτικά, βιβλίο Β΄ | Argonautiques II : vers la Colchide | 3rd c. BCE |
| Ἀργοναυτικά, βιβλίο Γ΄ | Argonautiques III : Médée et les épreuves de Jason | 3rd c. BCE |
| Ἀργοναυτικά, βιβλίο Δ΄ | Argonautiques IV : fuite et retour | 3rd c. BCE |
Une phrase à retenir
τὼ δ᾽ ἄνεῳ καὶ ἄναυδοι ἐφέστασαν ἀλλήλοισιν,
En grec d’aujourd’huiΟι δυο τους στέκονταν αντικριστά, σιωπηλοί και άφωνοι.
Tò d’ áneo kaì ánavdi eféstasan allíloisin.
Tous deux se tenaient face à face, silencieux et sans voix.

























































































