Sa vie
Manos Loïzos naquit le 22 octobre 1937 à Alexandrie, en Égypte, dans une famille venue de Chypre. Comme beaucoup de Grecs d'Égypte, il grandit entre deux mondes, la ville cosmopolite et la communauté grecque avec ses écoles et ses églises. En 1955, il partit étudier à Athènes, mais la musique prit le dessus : il jouait, apprenait seul et auprès d'amis, et faisait toutes sortes de petits métiers tout en écrivant ses premières chansons. Il participa au mouvement de jeunesse de gauche des années 1960 et resta toute sa vie un communiste engagé.
Ses premiers disques parurent dans les années 1960 et, pendant la dictature militaire de 1967–1974, ses chansons, qui parlaient de routes, de lumière et de liberté, étaient chantées dans les cercles étudiants et se heurtaient souvent à la ligne rouge de la censure. Après la chute de la junte en 1974, il devint l'un des compositeurs les plus aimés de Grèce. Il travailla étroitement avec le parolier Lefteris Papadopoulos et avec la chanteuse Haris Alexiou, pour qui il écrivit un album entier, Τα τραγούδια της Χαρούλας (Les Chansons de Haroula, 1979), sur des paroles de Manolis Rasoulis, et il chantait aussi ses propres chansons d'une voix modeste et voilée.
En 1982, il fut victime d'un accident vasculaire cérébral. Transporté à Moscou pour y être soigné, il y mourut le 17 septembre 1982, à 44 ans. Ses obsèques à Athènes rassemblèrent des milliers de personnes qui chantèrent ses chansons dans la rue.
Son œuvre

Loïzos écrivit deux sortes de chansons et ne les sépara jamais. Les chansons politiques parlent de lutte sans slogans : Ο δρόμος (La Rue), sur des paroles de Kostoula Mitropoulou, sortie en 1965 puis réenregistrée sur Τα τραγούδια του δρόμου (Chansons de la rue, 1974), raconte un mot écrit à la peinture sur un mur, le mot liberté. D'autres sont tendres, mélancoliques ou simplement joyeuses : Καλημέρα ήλιε (Bonjour, soleil, 1974), dont il écrivit paroles et musique, salue le jour sur une mélodie simple, presque enfantine, et l'album Τα τραγούδια μας (Nos chansons, 1976), sur des paroles de Fontas Ladis, offrit à Giorgos Dalaras des chansons sur les ouvriers et les émigrés. Dans ses dernières années, il mit en musique les Γράμματα στην αγαπημένη (Lettres à la bien-aimée), poèmes que le poète turc Nazim Hikmet écrivit en prison, dans la traduction grecque de Yannis Ritsos ; le disque parut en 1983, après sa mort.
Sa musique se situe entre la chanson laïko fondée sur le bouzouki et le style plus léger, guitare et piano, de la « nouvelle vague » des années 1960. Les mélodies avancent par petits pas et se retiennent facilement ; les arrangements sont dépouillés ; l'émotion vient des paroles et de la voix. C'est pourquoi ses chansons passèrent si facilement des disques à la bouche des gens ordinaires, dans les manifestations, dans les tavernes et autour de la guitare les nuits d'été. Des chanteurs de toutes les générations, de Haris Alexiou et Giorgos Dalaras aux artistes plus jeunes, les enregistrent encore.
Son héritage en Grèce aujourd’hui
Demandez à un groupe de Grecs de chanter du Loïzos et quelqu'un entonnera Καλημέρα ήλιε ou Ο δρόμος ; ces chansons appartiennent à tout le monde. Commencez par écouter les enregistrements de ses chansons par Haris Alexiou, puis essayez de chanter les premiers vers de Ο δρόμος avec les paroles sous les yeux. Chaque septembre, à l'anniversaire de sa mort, des concerts et des émissions de radio lui rendent hommage, et sa tombe se trouve au Premier cimetière d'Athènes. Des rues de plusieurs villes de Grèce et de Chypre portent son nom. L'exercice de vocabulaire de la musique du site, au niveau A2, accompagne bien ses chansons.
Le saviez-vous ?
- Né en Égypte dans une famille chypriote, il est revendiqué par les Grecs des deux pays.
- Il mourut à Moscou, où on l'avait emmené pour être soigné, à 44 ans seulement.
- Il chantait beaucoup de ses propres chansons, d'une voix qui n'avait jamais été travaillée, et les admirateurs préfèrent souvent ses versions.
- Ses chansons furent parmi les plus entendues dans les manifestations après la chute de la junte en 1974.
Œuvres principales
| Titre grec | Titre | Année |
|---|---|---|
| Ο δρόμος | La Rue (paroles de Kostoula Mitropoulou) | 1965 |
| Καλημέρα ήλιε | Bonjour, soleil (album ; paroles et musique de Loïzos) | 1974 |
| Τα τραγούδια μας | Nos chansons (album, paroles de Fontas Ladis, chanté par Giorgos Dalaras) | 1976 |
| Τα τραγούδια της Χαρούλας | Les Chansons de Haroula (album pour Haris Alexiou, paroles de Manolis Rasoulis) | 1979 |
| Γράμματα στην αγαπημένη | Lettres à la bien-aimée (Hikmet, trad. Ritsos ; paru après sa mort) | 1983 |
Une phrase à retenir
Ο δρόμος είχε τη δική του ιστορία
O dromos eiche ti diki tou istoria
La rue avait sa propre histoire

























