Sa vie
Gyzis est né le 1er mars 1842 à Sklavochori, sur Tinos, l'île des tailleurs de marbre qui a aussi donné à la Grèce Nikiforos Lytras et le sculpteur Giannoulis Chalepas. En 1850, la famille s'installe à Athènes, où le garçon est admis à l'École des arts (Σχολείο των Τεχνών) et étudie pendant plus de dix ans. En 1865, une bourse de la Fondation de l'Evangelistria, la grande église de pèlerinage de Tinos, l'envoie à l'Académie des beaux-arts de Munich. Il entre dans l'atelier de Karl von Piloty, comme Lytras avant lui, et découvre la ville qui sera sa demeure pour le reste de sa vie.
Il revient en Grèce en 1872 et passe deux ans à peindre à Athènes et à voyager ; en 1873, Lytras et lui parcourent ensemble Smyrne et l'Asie Mineure, remplissant leurs carnets de scènes de la vie orientale. Mais en 1874, il retourne définitivement à Munich. En 1877, il épouse Artemis Nazou, dont il aura cinq enfants. En 1882, l'Académie de Munich le nomme professeur honoraire, puis professeur titulaire en 1888, un honneur rare pour un étranger, et son atelier devient le lieu de rencontre des peintres grecs venus y étudier.
Dans ses dernières années, son œuvre prend un tour mystique et religieux, pleine de lumière et d'anges. Il meurt à Munich le 4 janvier 1901, à cinquante-huit ans, laissant inachevée sa dernière grande toile, Ιδού ο Νυμφίος έρχεται (Voici l'Époux qui vient).
Son œuvre

Gyzis a commencé comme peintre de genre de la vie grecque et orientale, dans la manière sombre et léchée de Munich. Τα αρραβωνιάσματα των παιδιών (Les Fiançailles des enfants, 1877) montre une cérémonie villageoise où deux petits enfants sont promis l'un à l'autre sous le regard des adultes ; c'est l'un des tableaux les plus aimés de la Galerie nationale d'Athènes. Το κρυφό σχολειό (L'École secrète, 1885–86) représente un vieux moine instruisant un groupe d'enfants à la lueur d'une bougie et est devenu l'image d'une légende grecque : sous la domination ottomane, les prêtres auraient enseigné le grec aux enfants en secret, la nuit. Les historiens doutent de cette légende, mais le tableau, et la comptine « Φεγγαράκι μου λαμπρό » qui lui est associée, sont connus de tous les Grecs.
À Munich, il peint aussi des allégories et des œuvres décoratives, comme Η τέχνη και τα πνεύματά της (L'Art et ses esprits, vers 1876), puis, à mesure que son style se fait plus libre et plus lumineux, des visions d'anges et de lumière. Η Δόξα των Ψαρών (La Gloire de Psara, vers 1898) transforme la destruction de l'île en 1824 en une figure ailée s'élevant au-dessus des ruines, et Ιδού ο Νυμφίος έρχεται (1899–1900) est un embrasement d'or et de figures qu'il n'a pas vécu assez longtemps pour achever. En 1896, il dessine le diplôme commémoratif remis aux vainqueurs des premiers Jeux olympiques modernes à Athènes. Gyzis était un peintre d'atmosphère et de lumière plus que de récit, et les esquisses et études qu'il a laissées sont souvent aussi prisées que les toiles achevées.
Son héritage en Grèce aujourd’hui
Το κρυφό σχολειό est le Gyzis que tout le monde connaît : il a orné les salles de classe pendant un siècle, il a été imprimé au verso du billet de 200 drachmes de 1996, à côté de Rigas Feraios, et il est reproduit chaque 25 mars, jour de la fête nationale grecque. La Galerie nationale d'Athènes conserve une vaste collection de ses œuvres, dont Τα αρραβωνιάσματα των παιδιών et de nombreuses études, et le Musée des artistes tiniotes, dans la ville de Tinos, le présente aux côtés de Lytras et de Chalepas. On dit généralement que le quartier athénien de Gkyzi (Γκύζη) tient son nom de lui, et des rues nommées Γύζη existent dans toute la Grèce. L'apprenant peut regarder L'École secrète, puis lire la comptine « Φεγγαράκι μου λαμπρό, φέγγε μου να περπατώ, να πηγαίνω στο σχολειό » (Petite lune brillante, éclaire-moi pour que je marche, pour que j'aille à l'école), que les enfants grecs apprennent encore.
Le saviez-vous ?
- Il a vécu à Munich pendant environ trente-cinq ans et signait ses œuvres allemandes « Gysis » ; les musées grecs et allemands le revendiquent tous deux.
- Sa bourse pour Munich venait de l'église de l'Evangelistria à Tinos, le célèbre sanctuaire de pèlerinage de l'île.
- Το κρυφό σχολειό a été reproduit sur le billet de 200 drachmes émis en 1996, l'un des derniers billets en drachmes avant l'euro.
- Il a dessiné le diplôme des Jeux olympiques d'Athènes de 1896, les premiers Jeux de l'ère moderne.
Œuvres principales
| Titre grec | Titre | Année |
|---|---|---|
| Η τέχνη και τα πνεύματά της | L'Art et ses esprits | c. 1876 |
| Τα αρραβωνιάσματα των παιδιών | Les Fiançailles des enfants | 1877 |
| Το κρυφό σχολειό | L'École secrète | 1885–86 |
| Το δίπλωμα των Ολυμπιακών Αγώνων | Le diplôme des Jeux olympiques | 1896 |
| Η Δόξα των Ψαρών | La Gloire de Psara | c. 1898 |
| Ιδού ο Νυμφίος έρχεται | Voici l'Époux qui vient | 1899–1900 |
Autour de l’œuvre




Images du domaine public, Wikimedia Commons.
Une phrase à retenir
Ἰδοὺ ὁ Νυμφίος ἔρχεται ἐν τῷ μέσῳ τῆς νυκτός
En grec d’aujourd’huiΝα, ο Νυμφίος έρχεται μέσα στη νύχτα
Idou o Nymfios erchetai en to meso tis nyktos
Voici l'Époux qui vient au milieu de la nuit













