Sa vie
Elli Alexiou naît à Héraklion le 22 mai 1894, quatrième enfant de l’éditeur et journaliste Stylianos Alexiou. Sa sœur aînée est l’écrivaine Galatée Kazantzaki, et son frère Lefteris Alexiou écrit lui aussi. Après sa formation d’institutrice, elle est nommée en 1914 à la Troisième école chrétienne de filles du quartier d’Agia Paraskevi, à Héraklion, une école pauvre que les habitants surnomment avec mépris « l’école galeuse ». Elle enseigne ensuite le français. En 1920, elle épouse Vasos Daskalakis et s’installe à Athènes. Un soir, elle lui raconte un épisode de sa classe, et il insiste pour qu’elle l’écrive. La nouvelle, Frantzeskos, paraît en 1923 dans la revue Filiki Etaireia de Fotis Kontoglou, sous le pseudonyme d’Elli Klirodeti.
Alexiou adhère au Parti communiste de Grèce en 1928. Sous la dictature de Metaxas, elle est arrêtée et interrogée, et pendant l’Occupation elle travaille dans le groupe des écrivains du front de résistance EAM. Une bourse française la conduit à Paris en 1945 ; elle y étudie à la Sorbonne et rencontre Paul Éluard et Louis Aragon. De 1949 à 1962, elle vit en Roumanie, où elle conseille crèches, internats et manuels scolaires pour les enfants réfugiés grecs. Elle rentre en Grèce après la mort de Galatée en 1962. En 1966, elle est emprisonnée en vertu d’un mandat émis en 1952, puis acquittée après une protestation publique. Elle meurt à Athènes le 28 septembre 1988.
Son œuvre

Le premier livre d’Alexiou, le recueil de nouvelles Σκληροί αγώνες για μικρή ζωή (Durs combats pour une petite vie, 1931), réunit les récits de classe commencés avec Frantzeskos. Trois ans plus tard paraît Γ΄ Χριστιανικόν Παρθεναγωγείον (Troisième école chrétienne de filles, 1934), tiré de ses années à Héraklion. Le titre garde l’ancienne terminaison savante -ον ; le mot d’aujourd’hui est παρθεναγωγείο. Dans le roman, une classe de première année est partagée entre deux institutrices. La section de Mme Kalliopi est parfaitement silencieuse. La nouvelle institutrice, Mme Elli, tient une classe animée où, comme disent les élèves, personne n’est battu, personne ne crie et l’on fait souvent de petites sorties. Des filles de la section sévère commencent à se glisser dans les autres leçons, et Mme Kalliopi réagit durement. À travers ce simple conflit, le livre demande à quoi sert l’école.
Enfants pauvres, orphelins, élèves malades et enfants obligés de travailler reviennent sans cesse dans ses nouvelles ; un documentaire de l’ERT lui attribue 121 nouvelles. À Bucarest, elle publie le roman Με τη λύρα (Avec la lyre, 1959). De retour en Grèce, elle écrit Για να γίνει μεγάλος (Pour devenir grand, 1966), biographie de Nikos Kazantzaki, son ancien beau-frère, et le roman Δεσπόζουσα (La Dominante, 1972). Elle écrit aussi des livres pour enfants, du théâtre et des souvenirs, et traduit les souvenirs de Maxime Gorki sur Tolstoï, Andreïev et Tchekhov.
Son héritage en Grèce aujourd’hui
Ses nouvelles sont de nouveau disponibles : en 2022, Kastaniotis a publié Τα Διηγήματα 1923–1983 (Les Nouvelles), avec une préface de la spécialiste de littérature Anta Katsiki-Givalou. Les archives en ligne de l’ERT conservent un documentaire Μονόγραμμα (Monogramme) de 1984 où Alexiou, alors âgée d’environ quatre-vingt-dix ans, évoque son enfance crétoise, son enseignement et la Résistance ; le documentaire est en grec. Une partie de ses papiers est conservée par l’ELIA, les Archives littéraires et historiques helléniques.
Essayez une petite tâche. Lisez le texte C2 et la phrase du roman sur la classe de la nouvelle institutrice. Soulignez η δασκάλα, η μαθήτρια, η τάξη et το διάλειμμα. Écrivez ensuite cinq phrases en grec sur une journée d’école, de la sonnerie au retour à la maison, avec πρώτα, έπειτα, ενώ et στο τέλος. Enfin, comparez le Παρθεναγωγείον savant du titre avec le mot courant παρθεναγωγείο.
Le saviez-vous ?
- Sa première nouvelle parut sous pseudonyme car, se souvenait-elle plus tard, elle avait trop honte pour la signer.
- Elle avait près de quatre-vingt-dix ans quand l’ERT la filma pour sa série Monogramme en 1984.
- Elle vécut treize ans en Roumanie, à organiser la scolarité des enfants réfugiés grecs.
- Elle écrivit une biographie de Nikos Kazantzaki, qui avait été marié à sa sœur Galatée.
Œuvres principales
| Titre grec | Titre | Année |
|---|---|---|
| Φραντζέσκος | Frantzeskos : première nouvelle, dans Filiki Etaireia | 1923 |
| Σκληροί αγώνες για μικρή ζωή | Durs combats pour une petite vie : nouvelles | 1931 |
| Γ΄ Χριστιανικόν Παρθεναγωγείον | Troisième école chrétienne de filles : roman | 1934 |
| Με τη λύρα | Avec la lyre : roman, publié à Bucarest | 1959 |
| Για να γίνει μεγάλος | Pour devenir grand : biographie de Nikos Kazantzaki | 1966 |
| Δεσπόζουσα | La Dominante : roman | 1972 |
Une phrase à retenir
…στην τάξη της καινούργιας δασκάλας, καλοπερνάει κανείς. Ξύλο δεν πέφτει.
…stin táxi tis kenoúrgias daskálas, kaloperná-i kanís. Xýlo den péfti.
…dans la classe de la nouvelle institutrice, on est bien. Personne ne reçoit de coups.










































