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Iakovos Kambanellis
ΚΑΤΕΡΙΝΑ Ι.ΚΑΜΠΑΝΕΛΛΗ (Katerina I. Kambanelli) · CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons

B2Grèce moderne · Dramaturge et parolier

Iakovos Kambanellis

Ιάκωβος Καμπανέλλης

1922 – 2011 · Naxos ; Athènes

Iakovos Kambanellis (Ιάκωβος Καμπανέλλης, 1922–2011), aussi orthographié Kampanellis, est le dramaturge que les Grecs appellent le père de leur théâtre moderne. Rescapé du camp de concentration de Mauthausen, il a écrit Η αυλή των θαυμάτων (La Cour des miracles), la pièce qui a porté le quartier athénien sur scène, la comédie musicale anti-junte Το μεγάλο μας τσίρκο (Notre grand cirque), les mémoires Μαουτχάουζεν et les paroles d'Άσμα ασμάτων, l'une des chansons grecques les plus aimées.

Sa vie

Kambanellis est né le 2 décembre 1922 à Chora, la ville principale de Naxos, dans une famille modeste qui s'installa à Athènes au milieu des années 1930. Il quitta tôt l'école, travailla et étudia le dessin technique en cours du soir, sans aucune formation littéraire. En 1942, pendant l'Occupation allemande, il tenta de fuir à l'étranger pour rejoindre les Alliés ; arrêté à la frontière autrichienne en 1943, il fut déporté au camp de concentration de Mauthausen, où il resta jusqu'à sa libération par les troupes américaines le 5 mai 1945.

De retour à Athènes, il découvrit le théâtre en tant que spectateur et apprit seul à écrire pour la scène. Ses premières pièces furent montées vers 1950, et le Théâtre national créa Η έβδομη μέρα της δημιουργίας (Le Septième Jour de la création) en 1956. La percée vint l'année suivante avec le Theatro Technis de Karolos Koun et Η αυλή των θαυμάτων. Dès lors, il fut pendant un demi-siècle la figure centrale de l'écriture dramatique grecque, tout en écrivant des scénarios, en réalisant lui-même un film et en fournissant des paroles à Míkis Theodorákis, Stavros Xarchakos et d'autres.

Sous la dictature de 1967–74, son Μεγάλο μας τσίρκο devint chaque soir un acte de résistance. Élu à l'Académie d'Athènes en 1999, il continua d'écrire des pièces passé quatre-vingts ans et mourut à Athènes le 29 mars 2011. Sa fille Katerina Kambanelli est une chanteuse connue.

Son œuvre

Η αυλή των θαυμάτων (La Cour des miracles, 1957) se déroule dans la cour commune d'une vieille maison athénienne où vivent plusieurs familles pauvres. La maison doit être démolie pour faire place à un immeuble, un jeune couple part pour l'Australie, et la pièce s'achève sur la cour qui se vide. Écrite dans la langue de tous les jours, avec humour et sans héros, elle devint le modèle du théâtre réaliste grec. Παραμύθι χωρίς όνομα (Conte sans nom, 1959), d'après le roman de Pénélope Delta, et Οδυσσέα, γύρισε σπίτι (Ulysse, rentre à la maison, 1966) montrent son autre facette, ludique et politique.

Μαουτχάουζεν (Mauthausen, 1963) est son récit en prose du camp et surtout des étranges mois qui suivirent la libération, lorsque les survivants restèrent sur place et qu'il tomba amoureux d'une jeune Juive lituanienne. Míkis Theodorákis en mit en musique quatre poèmes sous le titre Η Μπαλάντα του Μαουτχάουζεν (La Ballade de Mauthausen, 1966), chantée par Maria Farantouri ; sa chanson d'ouverture, Άσμα ασμάτων (Cantique des cantiques), où un prisonnier demande aux filles du camp si elles ont vu son amour, compte parmi les chansons grecques les plus connues.

Το μεγάλο μας τσίρκο (Notre grand cirque, 1973), monté par Jenny Karezi et Kostas Kazakos sur une musique de Stavros Xarchakos et avec la voix du chanteur crétois Nikos Xylouris, raconte l'histoire grecque de 1821 à nos jours comme une suite de numéros de cirque ; sous la junte, le public comprenait chaque allusion et les représentations se transformaient en manifestations. Pour le cinéma, il écrivit Στέλλα (Stella, 1955) pour Michael Cacoyannis et Melina Mercouri, d'après sa propre pièce, et Ο Δράκος (L'Ogre d'Athènes, 1956) pour Nikos Koundouros.

Son héritage en Grèce aujourd’hui

Kambanellis est joué chaque saison en Grèce : une reprise de Η αυλή των θαυμάτων ou de Το μεγάλο μας τσίρκο est un rendez-vous régulier, et ses pièces sont étudiées dans les écoles de théâtre grecques et figurent dans les anthologies littéraires du lycée. Le plus simple pour le découvrir est d'écouter Άσμα ασμάτων dans l'enregistrement de Farantouri, puis de lire le grec bref et clair de Μαουτχάουζεν, qui est aussi une introduction émouvante aux années d'Occupation. Theodorákis a dirigé la Ballade au mémorial de Mauthausen même en 1988 et de nouveau en 1995, en présence de Kambanellis, et la chanson est chantée lors des journées de commémoration de la Shoah en Grèce. À Naxos, sa ville natale lui rend hommage, et le film Στέλλα, où Mercouri chante «Αγάπη που 'γινες δίκοπο μαχαίρι», est un classique diffusé à la télévision grecque.

Le saviez-vous ?

  • Il n'a jamais terminé l'école secondaire et a appris le théâtre uniquement en regardant des pièces après son retour de Mauthausen.
  • Les amoureux d'Άσμα ασμάτων ont existé : la chanson est née de son propre amour pour une rescapée juive lituanienne dans les mois qui suivirent la libération du camp.
  • Το μεγάλο μας τσίρκο (1973) fut joué sous la censure des colonels, et le public qui chantait avec Nikos Xylouris faisait de chaque soirée une protestation.
  • Il fut élu à l'Académie d'Athènes en 1999, un honneur rare pour un dramaturge.

Œuvres principales

Titre grecTitreAnnée
ΣτέλλαStella (scénario, d'après sa pièce Stella aux gants rouges)1955
Η αυλή των θαυμάτωνLa Cour des miracles1957
ΜαουτχάουζενMauthausen (mémoires)1963
Η Μπαλάντα του Μαουτχάουζεν (με τον Μίκη Θεοδωράκη)La Ballade de Mauthausen (paroles, musique de Theodorákis)1966
Το μεγάλο μας τσίρκοNotre grand cirque1973
Ο εχθρός λαόςLe Peuple ennemi1975

Une phrase à retenir

Τι ωραία που είν' η αγάπη μου / με το καθημερνό της φόρεμα

Ti oraia pou ein' i agapi mou / me to kathimerno tis forema

Comme elle est belle, mon amour, / dans sa robe de tous les jours

Άσμα ασμάτων, Η Μπαλάντα του Μαουτχάουζεν (1966), music by Mikis Theodorakis
B2

Lire sur Iakovos Kambanellis en grec (B2)

Les mots du texte

  • l'Occupation
  • camp
  • libération
  • théâtre
  • œuvre, pièce
  • cour
  • dictature
  • public

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