Sa vie
Sidiropoulos naquit à Athènes le 27 juillet 1948 dans une famille aisée ; jusqu'à ses six ans, la famille vécut à Thessalonique, dans la maison de son grand-père, puis s'installa à Athènes. Du côté de sa mère, il était l'arrière-petit-fils d'Alexis Zorbas, l'homme réel derrière le Zorba de Kazantzaki, et le neveu de l'écrivaine Elli Alexiou. En 1967, il entra au département de mathématiques de l'Université de Thessalonique, mais la scène rock de la ville l'intéressait davantage que ses études, qu'il abandonna peu à peu. La dictature militaire de 1967–1974 fit du rock un langage de liberté : cheveux longs, guitares et musique forte étaient vus avec méfiance par le régime.
En 1969, il forma le duo Δάμων και Φιντίας (Damon et Pythias) avec le guitariste Pantelis Deligiannidis, et au début des années 1970 il chanta avec le groupe Μπουρμπούλια. Après la chute de la junte, il chanta sur des disques du compositeur Giannis Markopoulos. En 1978, il s'associa au jeune groupe athénien Σπυριδούλα (Spyridoula) pour enregistrer ses propres chansons, et en 1979 il tint le rôle principal du film Ο ασυμβίβαστος (L'Intransigeant). De 1980 à la fin de sa vie, il joua avec le groupe Οι Απροσάρμοστοι (Les Inadaptés), enregistrant des albums et donnant des concerts dans toute la Grèce.
Sa vie fut marquée par les excès du monde du rock, et il lutta pendant des années contre l'héroïne. Il mourut à Athènes le 6 décembre 1990, à quarante-deux ans, d'une overdose. Sa mort bouleversa une génération pour qui il avait été la voix d'une Grèce différente et plus libre, et elle fit de lui une légende du rock grec.
Son œuvre

L'apport majeur de Sidiropoulos fut autant linguistique que musical. Le rock grec des années 1960 et 1970 imitait souvent les modèles britanniques et américains et chantait en anglais. Lui insista sur le grec, et sur un grec très particulier : la langue de la rue, des étudiants et des noctambules, mêlée d'ironie, de jeux de mots et de soudains moments de poésie. Ses textes parlent de la solitude dans la grande ville, de l'amour et de ses échecs, de la drogue, du conformisme et de la révolte, et ils se moquent de la société respectable qu'il refusait de rejoindre.
L'album Φλου (Flou, enregistré en 1978 et sorti en mai 1979 avec Σπυριδούλα) se vendit d'abord à moins de 5 000 exemplaires, mais il a été réédité maintes fois ; en 1992, les rédacteurs du magazine Ποπ & Ροκ l'élurent meilleur album de l'histoire du rock grec. Sa chanson Μπάμπης ο Φλου (Babis le Flou), portrait d'un jeune homme rêveur et perdu, est l'une de ses plus connues. Avec Οι Απροσάρμοστοι, il publia Εν λευκώ (Carte blanche, 1982), dont certaines chansons furent interdites de radio par la censure, et Zorba the Freak (1985), dont le titre joue sur le plus célèbre des stéréotypes grecs, Zorba le Grec, et montre sa volonté de rompre avec les clichés sur la grécité. L'album live Χωρίς μακιγιάζ (Sans maquillage) suivit en 1989.
Sa voix n'était pas polie, et il ne rechercha jamais le succès commercial ; ce qui comptait, c'était la sincérité. Pour beaucoup de musiciens venus après lui, il montra que la langue grecque pouvait porter la musique rock sans rien perdre.
Son héritage en Grèce aujourd’hui
Plus de trente ans après sa mort, Sidiropoulos reste une figure culte en Grèce. Des jeunes qui n'étaient pas nés à sa mort portent son visage sur des tee-shirts et chantent ses chansons, et les concerts et albums hommages d'autres artistes se succèdent, surtout autour de l'anniversaire de sa mort en décembre. Ses disques ont été réédités de nombreuses fois, et des documentaires et des livres racontent son histoire. À Thessalonique comme à Athènes, son nom revient dans chaque conversation sur le rock grec. Un apprenant peut commencer par Μπάμπης ο Φλου et l'album Φλου : écouter les paroles sous les yeux est un excellent moyen d'apprendre le vrai grec parlé, y compris l'argot qu'aucun manuel n'enseigne.
Le saviez-vous ?
- Du côté de sa mère, il était l'arrière-petit-fils d'Alexis Zorbas, le modèle du Zorba de Kazantzaki, ce qui donne un sens supplémentaire au titre de son album Zorba the Freak.
- Il choisit de chanter le rock en grec à une époque où beaucoup de groupes de rock grecs chantaient en anglais.
- Φλου se vendit à moins de 5 000 exemplaires à sa sortie ; en 1992, le magazine Ποπ & Ροκ l'élut meilleur album de rock grec de tous les temps.
- Il fut aussi acteur : il tint le rôle principal du film Ο ασυμβίβαστος (1979) et en chanta toutes les chansons.
Œuvres principales
| Titre grec | Titre | Année |
|---|---|---|
| Φλου (με τους Σπυριδούλα) | Flou, album avec Spyridoula | 1979 |
| Μπάμπης ο Φλου | Babis le Flou (chanson) | 1979 |
| Ο ασυμβίβαστος | L'Intransigeant (film, rôle principal) | 1979 |
| Εν λευκώ | En lefko (Carte blanche), album | 1982 |
| Zorba the Freak | Zorba the Freak (album) | 1985 |
| Χωρίς μακιγιάζ | Sans maquillage (album live) | 1989 |
Autour de l’œuvre

Images du domaine public, Wikimedia Commons.
Une phrase à retenir
Μπάμπης ο Φλου
Bambis o Flou
Babis le Flou
























