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Antigone de Sophocle : résumé et thèmes

Une jeune femme enterre son frère mort, alors que le nouveau souverain l'a interdit sous peine de mort. C'est l'histoire d'Antigone de Sophocle. Cette page raconte simplement l'intrigue, lit en grec sa célèbre réponse à Créon, présente les grands thèmes et montre où l'idée de lois non écrites vit encore dans le grec parlé aujourd'hui.

L'histoire en bref

Antigone est une tragédie de Sophocle d'Athènes. Elle se passe à Thèbes, au matin qui suit une guerre. Deux frères, Étéocle et Polynice, se sont tués l'un l'autre au combat. Polynice était venu avec une armée ennemie d'Argos. Leur oncle Créon est désormais le souverain et il donne un ordre : Étéocle aura des funérailles honorables, mais Polynice doit rester ἄταφος, sans sépulture, livré aux oiseaux. Quiconque l'enterrera sera lapidé.

Leur sœur Antigone refuse d'obéir. Sa sœur Ismène a trop peur pour l'aider. Antigone répand de la poussière sur le corps et y verse des libations, et les gardes l'arrêtent. Elle avoue tout. Créon ordonne de l'enfermer vivante dans un tombeau de pierre, bien qu'elle soit fiancée à son fils Hémon. Alors le devin aveugle Tirésias l'avertit : il a mis une vivante dans une tombe et laissé un mort sur la terre, et il le paiera de la vie d'un de ses enfants. Créon cède, mais trop tard. Antigone s'est pendue, Hémon se tue auprès d'elle, et Eurydice, la femme de Créon, se donne la mort en l'apprenant.

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Que signifie ce mot ?

Sa réponse à Créon : vers 450–457

Créon lui demande si elle a osé enfreindre « ces lois », τούσδ᾽ ὑπερβαίνειν νόμους (449). Sa réponse est le passage le plus célèbre de la pièce. Ce n'est pas Zeus qui a proclamé cela, dit-elle, ni la Justice, Δίκη, qui vit avec les dieux d'en bas. Elle n'a pas cru que ses proclamations, κηρύγματα, aient assez de force pour qu'un mortel passe outre aux règles « non écrites et inébranlables » des dieux, ἄγραπτα κἀσφαλῆ θεῶν νόμιμα (454–455). Ces règles, ajoute-t-elle, ne datent ni d'aujourd'hui ni d'hier : ἀλλ᾽ ἀεί ποτε ζῇ ταῦτα, elles vivent depuis toujours, et nul ne sait quand elles sont apparues (456–457).

Attention aux mots. Sophocle écrit ἄγραπτα νόμιμα, et non ἄγραφοι νόμοι. L'autre adjectif se trouve chez des auteurs de la même époque et d'après : Thucydide parle des lois ὅσοι ἄγραφοι ὄντες (2.37.3), et le Socrate de Xénophon interroge Hippias sur les ἀγράφους νόμους (Mémorables 4.4.19). Aristote réunit ensuite les deux. Il dit qu'Antigone défend son acte comme contraire à la loi de Créon, ἀλλ᾽ οὐ παρὰ τὸν ἄγραφον, « mais non à la loi non écrite » (Rhétorique 1.15.6), et il lit ses vers comme un exemple de ce qui est juste par nature (1.13.2). L'expression exacte que nous employons pour son argument est donc celle d'Aristote, pas la sienne.

Les grands thèmes

La pièce ne fait pas de Créon un simple méchant. Il commence par un discours raisonné : un chef doit placer la cité avant tout, et jamais il ne tiendra pour ami un ennemi du pays (162–190). Chacun des thèmes ci-dessous naît de ce conflit.

  • La loi de la cité et un devoir plus ancien. Créon appelle son acte ὕβρις (480–482) ; elle invoque les dieux et ses morts. Vers la fin, il craint lui-même qu'il ne vaille mieux respecter jusqu'au bout de sa vie « les lois établies » (1113–1114).
  • La famille et la cité. Pour Créon, l'ennemi reste un ennemi même dans la mort. Antigone répond : οὔτοι συνέχθειν, ἀλλὰ συμφιλεῖν ἔφυν, je suis née pour partager l'amour, non la haine (523).
  • Le pouvoir et l'écoute. Antigone parle de τυραννίς, la tyrannie (506), et Hémon avertit son père : πόλις γὰρ οὐκ ἔσθ᾽ ἥτις ἀνδρός ἐσθ᾽ ἑνός, aucune cité n'appartient à un seul homme (737).
  • Comprendre trop tard. Le chœur conclut sur la sagesse, τὸ φρονεῖν, enseignée par de rudes coups dans la vieillesse (1347–1353). Son grand chant, πολλὰ τὰ δεινά (332), avait déjà montré tout ce que les humains peuvent faire, et jusqu'où ils peuvent se tromper.

Sa date et sa postérité

La date d'Antigone n'est pas certaine. Seules deux pièces de Sophocle, Philoctète (409 av. J.-C.) et Œdipe à Colone (401 av. J.-C.), ont une date de représentation sûre. On situe en général Antigone vers 442 ou 441 av. J.-C., en partie à cause d'une tradition selon laquelle son succès aurait valu à Sophocle d'être élu stratège en 440 av. J.-C., et cette histoire n'est peut-être pas vraie.

La pièce n'a cessé de trouver de nouveaux publics. La version française de Jean Anouilh est créée à Paris en février 1944, sous l'occupation allemande, et beaucoup y voient un hymne à la Résistance, même si d'autres l'accusent de complaisance envers la Collaboration. En Grèce, le Théâtre national a ouvert la saison 2025 d'Épidaure avec une mise en scène d'Ulrich Rasche. En 2017, alors que des enseignants craignaient qu'Antigone ne disparaisse des écoles grecques, l'Institut de politique éducative a répondu que sa place au programme du secondaire n'avait jamais été remise en question.

Dates clés

  1. c. 442 BCDate habituelle, mais incertaine, de la première représentation
  2. 4th c. BCLa Rhétorique d'Aristote cite Antigone à propos de la loi non écrite
  3. 1944L'Antigone d'Anouilh est créée dans Paris occupé
  4. 2025La mise en scène d'Ulrich Rasche ouvre la saison d'Épidaure

Huit mots, hier et aujourd'hui

Grec ancienGrec d'aujourd'huiSens
loi
non écrit
tombe, tombeau
frère (aussi αδερφός)
personne morte
procès (autrefois aussi justice)
sermon (autrefois : proclamation publique)
tyran (autrefois : souverain unique)
B1

Lire en grec (B1)

Envie d'apprendre le grec ?Ceux qui écrivent aujourd'hui en grec sur Antigone emploient encore la langue de son propre débat : νόμος, νεκρός, άγραφοι νόμοι. Qui a analysé les vers 450–457 peut lire un article grec sur une mise en scène à Épidaure et retrouver ces mots dans des phrases vivantes.Commencer le grec